Sport et data : toujours plus performant !

Dernière mise à jour : 21/02/2020

Nous vous avons déjà parlé de l’usage de la data pour les DAF et dans l’art mais pas dans le sport. On vous propose de rectifier le tir! Les données sont désormais omniprésentes, là où elles sont analysées, la performance est décuplée! L'usage d'informations statistiques dans le sport n'est pas nouveau. Déjà à la fin du 19ème siècle, Henry Chadwik, un journaliste sportif et statisticien passionné de baseball, invente la moyenne au bâton, un indicateur sur les performances des frappeurs au baseball. Une approche du baseball ( du recrutement des joueurs au jeu ), la Sabermétrie, est développée aux USA à partir des années 60. De ce fait le baseball est le pionnier dans l'usage sportive des données .Depuis, la data est devenu omniprésente! L'avènement du big data a permis de propulser et de dynamiser ces approches rationnelles dans le sport ! Nous avons choisi pour vous trois sports bien distincts pour vous donner un aperçu des forces de l'utilisation de la donnée dans le sport actuel !

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Data et Formule 1 : toujours plus vite

La Formule 1 a toujours été un sport où les avancées technologiques sont reines. La recherche de la performance est au centre de toutes les attentions. En Formule 1, quelques millièmes de seconde peuvent faire la différence. Par ailleurs, il est crucial de connaitre au mieux le comportement du véhicule sur la piste et l’impact des éléments l’extérieurs sur celui-ci.

Ainsi, entre 2017 et 2018 les pilotes de l’écurie Mercedes ont gagné 4,7sec. A chaque course chez Mercedes ce sont près de 62 techniciens et 20 ingénieurs qui sont mobilisés. Il y a un nombre faramineux d’indicateurs à prendre en compte afin de parvenir à de telles prouesses et c’est grâce à la data que cela est possible.  Pour traiter toutes ces informations les écuries ont monté des équipes data et s’associent à des sociétés spécialisées dans la collecte de données sportives. Environ 500Go de données sont produites en une course avec une seule formule 1. Pas moins de 300 capteurs sont posés sur les bolides durant les essais. Pendant la course, pour alléger les véhicules, seuls 200 sont posés à l’intérieur et à l’extérieur du bolide. Le traitement et la visualisation des données se font instantanément. La stratégie déployée durant une course est affinée en temps réel et les besoins du véhicule et du pilote sont connus au mieux.  En quelques années le big data a chamboulé le devenir des courses de formule 1 mais aussi l’automobile dans son ensemble. Les données collectées participent à la conception et à l'optimisation de pièces de  véhicules. Ainsi, les avancées technologiques amorcées par la data en F1 se retrouvent partiellement au sein des voitures de tout un chacun.

 

Football : performance et pari sportif

Le football est le sport qui draine le plus d’argent dans le monde. Les enjeux économiques autour de cette discipline n’ont jamais été aussi importants qu’aujourd’hui. Le marché du football (produits dérivés, publicité, droits radio et télé, ventes de billets, paris sportifs…) serait estimé à 400 Milliards d’euros dans le monde. Dans cet environnement hautement performant la data permet de fixer des hypothèses et apporte un regard nouveau sur le football.

Les terrains sont désormais criblés de capteurs et de caméras en tout genre. Les joueurs portent des boîtiers fixés dans leur dos à l’aide de brassières et les ballons sont aussi équipés de capteurs. Grâce à de pareils dispositifs, leurs pouls, leurs vitesses, leurs explosivités, leurs chaleurs corporelles, leurs nombres de passes, de buts, de kilomètres parcourus, leurs positions, etc, sont enregistrés. En bref  leurs forces et leurs faiblesses sont enregistrées instantanément. Que ce soit au cours des entraînements ou des matchs, des données sont collectées. De cette manière, il est possible d’envisager de façon plus rationnelle les matchs !

De ces données collectées, des indicateurs comme l’exptected goal ( xG) sont calculés. Cet indicateur apporte des informations sur le nombre de buts que l’on peut espérer d’un joueur ou d’une équipe et sa position idéale sur le terrain pour marquer. De nombreux paramètres sont pris en compte pour calculer ce KPI ( key performance indicator ), on retrouve entre autre : la distance entre le joueur et le but, son pied de prédilection, les zones où ses tirs sont contrés par le gardien, par la défense ou qui aboutissent hors du terrain ou dans le filet.

Toutefois certains éléments offrent une incertitude propre au footbal : les penalties et les joueurs. Il est pour l’instant encore difficile de prédire la trajectoire que prendra un ballon lors d’un penaltie. Aussi, le facteur humain est important. Nous, nous souvenons tous du coup de boule de Zidane en 2006, ce genre de comportement est également encore complexe à anticiper.

Les médias et les passionnés de foot bénéficient également de l’impact de la donnée. Premièrement, les médias peuvent agrémenter le discours des commentateurs sportifs d’informations apportant davantage de storytelling par la donnée. Il est alors possible d’annoncer la vitesse exacte d’un joueur lors d’un moment d'explosivité, la vitesse à laquelle se déplace un ballon, les zones où le tire à de forte chance de devenir un but…Secondement, les passionnés peuvent se documenter plus finement sur leurs joueurs et équipes favoris. Ces mêmes données sont à même d’influencer les paris sportifs des passionnés. Ainsi, connaitre l’expected goal d’un joueur, la performance défensive de l’adversaire…sont autant de paramètres qui influencent la mise.

Pour en découvrir d'avantage sur l'usage de la data dans le football voici un mini-documentaire intéressant sur l'usage des données dans les clubs anglais.

 

Tennis, du reporting pour la victoire

Si vous vous intéressez au tennis vous avez sûrement un joueur préféré. Inconsciemment ou consciemment vous avez établi une liste de critères afin de choisir votre champion. Parmi ces critères vous avez sans doute choisi le style de jeu de ce dernier. Chaque joueur est unique et dispose d’un style qui lui est propre. Ce dernier s’appuie en partie sur les forces et les faiblesses du joueur mais également sur ses patterns. On entend par pattern la façon dont un joueur construit ses échanges ( en clair, quel est son cycle de réactions dans une situation donnée). La data apporte tout un lot d’informations à propos de critères précieux pour la victoire. On y retrouve ainsi des KPI tels que : le taux de succès des services et frappes en fonction de la position du joueur sur le terrain, l’agressivité du joueur, les déplacements du joueur sur le terrain, la vitesse du joueur, celle de la balle, les zones d’impacts de la balle (au service et après une frappe), la vitesse du rebond, l’impact de la balle sur le tamis de la raquette…Tous ces critères sont étudiés durant les trois phases d’un affrontement : la préparation, le match et le post match.

Durant la préparation, entraîneurs et joueurs étudient finement les indicateurs évoqués précédemment. Il s’agit ici de comprendre le style de jeu d’un joueur et ses capacités physiques.  De ce fait, il est possible d’établir une stratégie afin d’adapter la façon de jouer. Durant le match les performances physiques et le jeu des joueurs sont pris en compte. L’entraîneur peut avoir accès à ces informations en temps réel, il peut ainsi apporter un cadrage en phase avec le jeu de l’adversaire et l’état physique du joueur. De plus les data sont des argument imparables ! Après le match, un retour sur la performance déployée ainsi que celle de l’adversaire sont étudiées. Ce retour permet de renforcer certaines faiblesses mises en avant grâce aux toutes dernières données collectées.

La collecte de ces données se fait grâce à de nombreuses caméras réparties autour des terrains, à l’aide d’interventions humaines et également avec des capteurs. Durant les matchs, des équipes en charge de la collecte et de l’analyse des données recensent des informations en temps réels concernant les types de frappes, la transformation du tir en point ou en ace, etc. Ces données participent à l’enrichissement d’intelligences artificielles. Outre cela, des capteurs posés sur les joueurs durant les entraînements et au cours des matchs enrichissent les données collectées sur le joueur. Ces capteurs peuvent prendre des formes différentes : extensions aux raquettes, bracelets connectés ou encore raquettes connectées.

 

En tout temps, la compétition sportive a exigé le meilleur de l'Homme. Durant des millénaires, le sport a été une affaire d'instinct. De façon empirique des stratégies efficaces et plutôt globales ont été élaborées, aujourd'hui l'instinct a laissé sa place au rationnel. Il en est de même dans les affaires. C'est grâce aux données et la visualisation de ces données que l'on peut faire la différence !